PNCS : des syndicalistes et militants politiques nourris à la sueur des employés
Mis en difficulté par les accusations de mauvaise gestion du Programme national de cantines scolaires (PNCS), Kevenot Dorvil a annoncé, le 4 janvier 2026, la distribution de chèques de boni ainsi que l’octroi d’une prime spéciale aux employés ayant participé à la distribution alimentaire lors des cours de rattrapage organisés par le MENFP. Cette initiative, présentée comme un geste d’apaisement face à la mobilisation syndicale, suscite toutefois de vives controverses. Contrairement aux annonces officielles, la prime a été attribuée à des militants politiques et à certains syndicalistes, tandis que les employés effectivement engagés dans les activités de distribution alimentaire affirment n’ont rien perçu.
Pour pallier à plusieurs mois de grève des professeurs du secteur public, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a décidé de réaliser des cours de rattrapage au bénéfice des candidats aux examens officiels de neuvième Année Fondamentale et du Nouveau Secondaire 4 (NSIV). Contrairement à la région métropolitaine de Port-au-Prince où les activités de distribution ont été réalisées timidement, dans le département du Nord les opérations ont touché 4 communes et plus d’une dizaine de centre de rattrapage dont plus de cinq à Cap-Haïtien.
Conformément à la politique du PNCS, les employés qui avaient travaillé durant le week-end en dehors de l’horaire habituel, s’attendaient à recevoir une prime à la fin de l’année fiscale. Alors que les employés n’avaient pas reçu les habituelle allocations de Pâques, prime annuelle de suivi ni la carte de débit ni le quatorzième mois annoncé par l’administration, face à la lenteur administrative caractérisant la gestion de Kevenot Dorvil, certains employés dont des syndicalistes ont annoncé un mouvement visant à réclamer le paiement des trois premiers mois de salaire pour l’exercice en cours.
« Pour casser ce mouvement pourtant légitime, Kevenot Dorvil a acheté le silence des syndicalistes en promettant la distribution d’une prime. Et, de fait, il l’a fait. Certains militants politiques dont certains reçoivent un chèque de 100 000 gourdes par mois sans aller travailler et syndicalistes ont bénéficié de cette prime » a indiqué une source à la Coordination Générale de l’institution.
Des sommes substantielles ont été distribuées. « Des chèques majoritairement de 90 000 et 75 000 gourdes ont été distribué à des syndicalistes et des militants de l’Ouest. Dans le Département du Nord, le chef d’Antenne, futur candidat et coordonnateur départemental d’une structure politique du CG du PNCS, qui d’ailleurs avait fait autant avec les cartes cadeaux de décembre 2024, a arrosé des militants politiques tandis que les employés qui ont travaillé durant plus de 5 week-ends n’ont rien reçu » a poursuivi notre source qui face à notre regard sceptique nous a rappelé l’implication de l’actuel CG du PNCS dans le mouvement « peyi lòk ».
Vraissemblablement celui qui avait tant critiqué la gestion d’un Président élu ne fait pas mieux !
